Promulguée le 28 février 2022 et pleinement effective depuis le 1ᵉʳ septembre 2022, la loi Lemoine a profondément rebattu les cartes du marché de l’assurance emprunteur. Quatre ans après son entrée en vigueur — et deux ans après les premiers bilans chiffrés solides du marché — il est temps de regarder ce qu’elle a vraiment changé pour les emprunteurs.
Le constat ? Le rapport de force a basculé. Mais à condition de connaître ses droits et de savoir les activer.
Ce que la loi a réellement transformé
Avant la loi Lemoine, changer d’assurance emprunteur en cours de prêt était possible mais semé d’embûches : fenêtre annuelle, formalités complexes, refus fréquents des banques. Résultat : à peine 15 % des emprunteurs souscrivaient une assurance déléguée, et la grande majorité restait captive du contrat groupe de leur banque, souvent deux à quatre fois plus cher.
La loi Lemoine a apporté trois changements structurels :
La résiliation à tout moment. Plus de date butoir, plus de fenêtre annuelle. Tout emprunteur peut désormais résilier son contrat d’assurance et en souscrire un nouveau quand il le souhaite, à condition que les garanties soient équivalentes à celles du contrat initial.
La suppression du questionnaire médical. Pour les prêts immobiliers inférieurs à 200 000 € par emprunteur (soit 400 000 € pour un couple) et remboursés avant les 60 ans de l’assuré, plus aucune question de santé n’est autorisée. Une révolution pour les profils auparavant pénalisés (anciens malades, professions à risque, sportifs amateurs intensifs).
Le renforcement du droit à l’oubli. Le délai pour ne plus déclarer un cancer ou une hépatite C guéris est passé de 10 à 5 ans après la fin du protocole thérapeutique. Une avancée majeure pour des centaines de milliers de personnes.
Les chiffres réels du marché en 2026
Quatre ans après, voici ce que l’on observe en France :
La part des délégations d’assurance grimpe régulièrement. D’environ 15 % avant la loi, elle dépasse aujourd’hui 35 % des nouveaux contrats, et continue de progresser. Sur les rachats d’assurance en cours de prêt, le mouvement est encore plus marqué : près de deux contrats sur trois souscrits via délégation chez les courtiers spécialisés.
Les économies sont substantielles. Pour un prêt de 250 000 € sur 20 ans, le passage d’une assurance groupe (taux moyen 0,34 % du capital initial) à une assurance déléguée bien négociée (autour de 0,09 à 0,15 % selon le profil) génère une économie de 8 000 à 15 000 € sur la durée du prêt. Pour les profils jeunes et non-fumeurs, l’écart peut atteindre 18 000 €.
Les banques résistent encore — légalement et illégalement. Plusieurs études récentes pointent du doigt des pratiques toujours observées : assurance groupe « obligatoirement intégrée » à l’offre, refus de fiches de garanties équivalentes au format légal, délais de traitement allongés artificiellement. La loi est claire (refus motivé sous 10 jours, accord automatique si silence), mais son application reste inégale selon les établissements.
Le droit à l’oubli reste sous-utilisé. Selon les estimations 2025, seulement un emprunteur éligible sur trois active effectivement le droit à l’oubli. La méconnaissance reste le premier obstacle : beaucoup d’anciens malades pensent qu’ils doivent encore déclarer leur antécédent, ou ignorent que le délai a été ramené à 5 ans.
Pourquoi tant d’emprunteurs n’optimisent toujours pas
Si les économies sont si évidentes, pourquoi la majorité des emprunteurs reste-t-elle sur l’assurance groupe de sa banque ?
Trois raisons principales reviennent dans nos échanges avec nos clients :
La méconnaissance des droits. Beaucoup d’emprunteurs ignorent encore que la résiliation est possible à tout moment, sans frais, sans justification.
La complexité administrative perçue. Comparer les garanties contrat par contrat, vérifier l’équivalence légale, monter le dossier de substitution… autant d’étapes qui découragent quand on n’est pas accompagné.
Le frein psychologique du « tout-en-un ». Beaucoup pensent que regrouper crédit et assurance dans la même banque simplifie les démarches. C’est vrai à court terme, mais le coût total sur 20 ou 25 ans est rarement étudié.
Comment activer concrètement vos droits
Trois situations, trois actions possibles :
Vous êtes sur le point de signer un prêt. Demandez systématiquement deux devis : assurance groupe de la banque ET assurance déléguée. Comparez les garanties (décès, PTIA, ITT, IPT, IPP) ainsi que le coût total sur la durée. Si la délégation est moins chère à garanties équivalentes, la banque doit l’accepter.
Vous remboursez un prêt depuis quelques années. Faites estimer rapidement les économies potentielles d’une substitution. Pour un prêt de 200 000 € avec encore 15 ans devant vous, le gain dépasse souvent 5 000 € — net de tous frais. La démarche prend quelques semaines.
Vous êtes éligible au droit à l’oubli. Vérifiez la date de fin de votre protocole thérapeutique. Si elle remonte à plus de 5 ans, votre antécédent ne doit plus être déclaré, ni dans le questionnaire médical (quand il existe encore), ni dans la grille AERAS si elle s’applique. Conséquence directe : tarif standard, sans surprime.
Notre rôle dans cette équation
Comparer une dizaine de contrats d’assurance emprunteur, vérifier l’équivalence légale des garanties, monter le dossier de substitution face à la banque qui peut tarder à répondre… ce travail prend du temps, mobilise une expertise réglementaire, et impose de connaître les acteurs du marché.
C’est précisément ce que nous faisons pour vous chez BC Horizon Solutions. Nous travaillons avec un panel d’assureurs spécialisés, nous comparons objectivement, et nous prenons en charge l’intégralité de la démarche administrative jusqu’à l’acceptation par la banque.
L’objectif n’est pas de « changer pour changer », mais de vérifier objectivement si une optimisation est pertinente pour vous — et de la conduire à terme si c’est le cas.
En résumé
La loi Lemoine a donné aux emprunteurs des leviers concrets pour reprendre le contrôle de leur assurance de prêt. Mais ces leviers ne s’activent pas tout seuls. Quatre ans après, des dizaines de milliers d’emprunteurs continuent chaque année de passer à côté d’économies substantielles, simplement parce qu’ils ignorent leurs droits ou ne savent pas comment les faire valoir.
Faire le point ne coûte rien et peut rapporter beaucoup. Un premier rendez-vous avec bilan offert vous permet d’avoir une photographie claire de votre situation et des économies réellement atteignables.
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Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. BC Horizon Solutions — Courtier en financements et assurances, Conseil en Gestion de Patrimoine.

